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Toujours un petit plaisir de retrouver ce bon Basil et ce même s'il est anglais. Il s’agit certes ici d'un thriller un peu tordu mais qui permet à Dirk Bogarde d'incarner avec talent  un personnage assez torve. Au départ, ouh là là, pas forcément facile d'expliquer la chose : un célèbre chercheur se donne la mort... Le type est intègre mais on retrouve sur lui tout un tas de biffetons... N'a-t-il pas vendu des secrets à une puissance étrangère ? Un type du renseignement, le Major Hall (le charismatique John Clements) enquête  pour savoir ce qui a bien pu se passer dans la tête de ce chercheur respecté. Il se penche ainsi sur son domaine d'expérimentation : l'homme s'est lancé dans une série d'expérience pour voir dans quel état on ressortait quand on restait totalement isolé : il restait ainsi des heures et des heures dans un réservoir rempli d'eau à température du corps et enregistrait ses réactions... Bien. Le postulat de départ est le suivant : l'expérience ne l'a-t-elle pas traumatisé au point de lui laver le cerveau, le rendant ainsi particulièrement influençable ? Une faiblesse dont auraient profité des personnes malveillantes. Pour prouver la chose (vous voyez, je vous avais dit que c'était retors), on va chercher l'ancien collaborateur du savant, Dirk. Dirk vit un amour inébranlable avec sa blonde (Mary Ure). Si on plonge son corps dans l'eau pendant huit heures, qu'on parvient à le convaincre à la sortie du bain (alors qu’il est encore en état de choc) qu'il n'aime pas sa femme, on parviendra à prouver éventuellement les problèmes auxquels a dû faire face le savant... Pfiou, ça c'est du pitch.

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Dirk est parfait pour jouer de son charme mâle (sa complicité avec sa promise) comme pour s'enfoncer dans la noirceur... Rapidement, l'homme change et devient proprement dégueulasse avec sa pauvre blondinette (enceinte de lui pour la cinquième fois). Il drague tout ce qu'il trouve, n'hésite pas exposer sa femme dans une vitrine à Amsterdam (des vacances de détente qui tournent mal), bref, le mari parfait est devenu un porc. Froid, distant, ricanant, Dirk a changé du tout au tout : l'amour enluminait son visage, cette expérience traumatique l'a rendu aussi infâme que la gastronomie anglaise. Une descente aux enfers irréversible ?... Faut-il le replonger dans le bain, lui conter par le menu comment on est parvenu à lui laver le cerveau ou le ramener tout simplement à la source de son amour ?  L'option 2 (une séquence ultra tendue en présence de sa femme (et de sa nouvelle maîtresse...) pour le ramener sur terre et 3 (une séquence au forceps, c'est le moins qu'on puisse dire) seront utile pour sauver le soldat Bogarde de sa dépression, de sa noirceur...

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Après une ouverture spectaculaire, le thriller peine à prendre son rythme (le pitch, faut reconnaître, n’est pas simple... et encore, je suis allé à l'essentiel) ; on se rattrape en admirant ce noir et blanc de toute beauté et ces jeux de lumière sur les faciès des acteurs. L'histoire d'amour qui foire prend le pas finalement sur le thriller et donne au film parfois, il est vrai, un aspect un peu bancal (la romance plantée supplantant les machinations et les histoires d’espionnage) – quant à la dernière partie (oh putain, un accouchement...), elle se révèle sans doute un poil longuette pour assurer la rémission d'un Dirk qui n'était plus qu'une dick. Du coup, un faux rythme un peu frustrant pour un (faux) thriller mais, malgré tout, un sujet relativement original et un Bogarde suffisamment inquiétant pour tenir son petit spectateur en haleine. An interesting Basil qui mérite qu’on y plonge un œil, et le bon.

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